C’est janvier et tous les journaux annoncent que la saison de débordement des urgences commence. À un hôpital anglophone à Montréal, il y a seulement une infirmière à répondre à tous les besoins de l’urgence cette nuit.
Mais, la vieille femme qui arrive cette nuit ne connait rien de cela. Elle ne parle ni le français, ni l’anglais. Sa peau rassemble celle d’une poupée rousse. Toute seule à Montréal– sa fille se retrouve aux États-Unis, mais elle ne sait pas où — sa solitude la frappe. Cette fois-ci elle a eu une crise de nerfs. Personne ne sait pourquoi elle est arrivée ici et comment, mais elle se trouve à l’urgence avec tous les autres patients : ceux qui sont arrivés suite à un accident, une crise cardiaque ou une bagarre à un bar jusqu’au ceux qui ne savent pas ou tourner faute d’un médecin, ou d’un suivi adéquat.
Alors, la femme est laissée toute seule dans une civière dans le couloir. Elle reçoit des antianxiolotes, et elle entend toutes les étranges voix autour d’elle. Quelquefois, elle va recevoir une visite d’une travailleuse sociale et une petite visite le lendemain avec le psychiatre.
Elle n’a pas besoin d’une civière, une cardiologue, une infirmière, et le tra-la-la. Elle a juste besoin d’une personne compétente et formée qui pourrait lui parler et l’aider à confronter sa malaise dans un endroit calme, et dans sa langue.
Mais nous avons coupé ces services dans les CLSC. Nous n’avons pas des ressources dans les lignes d’aide. Nous n’avons pas de place pour des personnes ayant des angoisses au milieu de la nuit. Alors, au lieu de payer une travailleuse sociale, nous payons très cher pour des grands tests de dépistage et des spécialistes à très cher, qui dans le fonds, n’est pas ce dont elle a besoin.
Comme plusieurs, je suis inquiète par la dégradation du système publique dont j’y crois. Je vois que notre système de taxation contribue moins aux services sociaux et le retrait du fédéral depuis les années 90 a contribué à sa détérioration, mais sans vouloir apparaître comme une adepte aux IEDM, je ne pense pas qu’il est géré efficacement.
Il y a plusieurs instances comme cela.
Par exemple :
1) Nous savons que nous n’avons pas assez de médecins de famille. Ce qui veut dire que les gens vont aux spécialistes plus disponibles et plus chers ou aux urgences (encore plus cher). En même temps, plusieurs médecins éduqués à l’étranger ne travaillent pas.
2) Il n’y aucune reddition de comptes pour des médecins. Alors, un médecin peut facilement être complètement négligent et paresseux, et il peut facturer le système quand même. C’est une histoire que plusieurs patients racontent : comment ils ont dû changer un médecin pour trouver une qui lit leur texte médical avant d’agir. Alors il n’y aucun intérêt pour le médecin de bien performer sauf sa propre conscience. Bien sûr, il existe des médecins qui ont l’intérêt de servir les patients, mais ce n’est pas assez répandu. And don’t get me started sur les médecins qui demande des pots-de-vins pour des rendez-vous médicaux.
3) Le dossier des superinfirmières. Cela donne une formation à certaines infirmières pour qu’elles prescrivent les médicaments. Une très bonne idée de combler les manques des médecins, sauf que le Collège des médecins a stipulé qu’il y aura une supervision de chaque infirmière qui a fait exploser les coûts.
4) Au lieu de mettre de l’argent sur la prévention, les services de premières lignes dans le CLSC, les programmes de nutrition, etc., nous mettons l’accent sur les hautes technologies et les spécialisations.
En tous cas, l’argent est une partie de la solution. D’équilibrer le pouvoir des médecins dans le système est un autre.